Quatrième étape : un plongeon dans l’inconnu
17/02/2012
Charles Caudrelier raconte les difficultés et les nombreuses inconnues de la quatrième étape de la Volvo Ocean Race qui mènera les équipages de Sanya (Chine) à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur un parcours inédit.
« L’étape s’annonce longue et difficile ; elle est pleine d’imprévus. Pour commencer, nous allons affronter une dépression assez creuse en mer de Chine, réputée pour ses courants violents et sa mer forte. A bord de Groupama, le mot d’ordre est dans un premier temps de préserver le matériel. Nous devrons vraiment faire très attention sur cette première partie de l’étape afin d’aborder la suite au maximum de notre potentiel. Je pense que ce sera, en tout cas au début, une régate de marins plutôt que de régatiers.
Il va y avoir de nombreux pièges météorologiques sur l’ensemble de l’étape, et nous nous attendons à voir la flotte se diviser et adopter des stratégies très différentes, que ce soit à travers la mer des Philippines ou du Pacifique. Le passage du Pot au Noir, par exemple, est mal connu à cette longitude. On sait qu’il est relativement classique à l’Est, alors qu’il est plus imprévisible à l’ouest, avec de violents orages. Mais il y a surtout de nombreuses inconnues.
Notre bateau est en parfait état ; nous avons profité de l’escale pour le remettre à neuf, mais il n’a pas trop souffert lors du début de course. Nous avons optimisé tout ce qui pouvait l’être, et nous avons aussi embarqué de nouvelles voiles. Autant dire que je n’ai pas beaucoup fait le touriste en Chine… On s’est baladés un peu en ville, et on a un peu visité l’île, mais tout est compliqué, notamment à cause de la langue mais aussi de la fatigue et du manque de temps à disposition. Compte tenu de cela, ce n’est pas évident de découvrir les pays que l’on visite.
C’est une étape très importante pour nous, et c’est ce qui occupe notre esprit. D’une part car elle arrive en Nouvelle-Zélande (pour la première fois depuis 10 ans), et qu’une arrivée en Nouvelle-Zélande est toujours mythique. Mais aussi car le classement se resserre. Les kiwis, qui sont juste devant nous au général, ont perdu du terrain sur nous
Toute l’équipe est en pleine forme, et nous sommes tous déterminés à obtenir un excellent résultat. Quant à moi, je suis en pleine forme et hyper motivé. Je n’ai pas beaucoup souffert jusqu’à présent, et je n’ai pas perdu de poids. Tous les tests que j’ai effectués sont positifs, donc de ce côté-ci, tout va bien. »